Psychologue et idées reçues

Au fil des rencontres, professionnelles ou personnelles, plusieurs idées communes apparaissent régulièrement :

« Les psys c’est pour les fous ! »

Dans ma pratique, je rencontre des enfants et des adolescents mais aussi des adultes qui peuvent avoir cette représentation, parfois très angoissante, du psychologue (sans toujours oser l’exprimer spontanément). Lors de la première rencontre, mon travail passe alors par l’explication de mon rôle et mon métier, de la maladie mentale, de ce qu’est un suivi thérapeutique. Il est nécessaire d’essayer de comprendre ce qu’il y a réellement derrière cette représentation. Il peut s’agir par exemple de la peur d’être ou qu’on nous prenne pour un « fou ». L’objectif est de rassurer les enfants et les adolescents mais aussi les adultes si nécessaire pour qu’ils puissent au mieux tirer des bénéfices et s’approprier le travail thérapeutique.

 

« Tout le monde devrait consulter un psy »

La rencontre avec un psychologue devrait toujours être une aventure humaine enrichissante. Je considère cependant que cette rencontre reste un choix, un engagement qui n’est pas obligatoire mais parfois nécessaire. Cette démarche peut être réalisée pour diverses raisons.

 

« Un psychologue, ça parle pas ! » ou alors « ça parle trop ! »

Les premières questions à se poser sont certainement : quelles sont mes attentes ? Dans quelle situation je me sentirais le plus à l’aise ? En d’autres termes, qu’est-ce qui favoriserait le mieux le travail thérapeutique.

Il existe de nombreux courants de thérapies qui peuvent être très différents.

Dans certaines approches de la psychologie, telle que la psychanalyse, le thérapeute peut rester très silencieux. Cela convient très bien à des personnes qui se sentent à l’aise avec cette idée ou qui recherchent ce type de travail thérapeutique. Il peut s’avérer que ce soit l’une des conditions qui leur permette d’associer librement leurs idées et d’élaborer leur pensée.

Pour d’autres personnes, rester face à quelqu’un de silencieux peut être très angoissant voire inhiber, empêcher la pensée d’émerger.

En ce qui concerne ma pratique, il me semble indispensable d’accueillir la personne (qu’il s’agisse d’un enfant, d’un adolescent ou d’un adulte) et cela passe par l’accompagnement par la parole, surtout lors du premier entretien. Par la suite, du fait de mon expérience, j’ai appris à m’adapter à chacun et à ressentir les moments où les silences peuvent être importants et nécessaires lorsqu’une relation de confiance est établie. Cela peut être le cas pour laisser le temps de réfléchir, de laisser émerger une idée ou une émotion par exemple.

 

« Les psychologues sont des charlatans »

Tout d’abord, il est important de rappeler que l’usage professionnel du titre de psychologue en France est réglementé (voir l’onglet Accueil).

Cependant on a certainement tous en tête l’histoire d’une mauvaise expérience avec un psychologue, qu’elle soit arrivée à quelqu’un qu’on connait ou à nous-même.

Malheureusement, de la même manière qu’on peut avoir une mauvaise expérience avec un médecin, un dentiste, un infirmier, etc. cela peut arriver avec un psychologue. Certaines personnes nous semblent peu adaptées aux métiers qui nécessitent une relation d’aide ou de soutien. Il peut s’agir d’un mauvais moment, d’une question de personnalité ou d’un manque de formation.

Toutefois, ce n’est pas parce que nous sommes tombés un jour sur quelqu’un qui ne nous convenait pas qu’il en sera toujours ainsi ! On oublie parfois que dans tout métier qui existe, derrière le rôle et la fonction, il y a quelqu’un qui travaille avec sa personnalité. Celle-ci peut ne pas vous convenir. Ou alors c’est la façon de travailler qui ne convient pas (de la même manière que la pédagogie d’un professeur permettra à un élève de comprendre très rapidement alors qu’un autre se sentira perdu).

Le plus important à retenir, c’est que vous êtes seul juge pour estimer ce qui peut vous faire avancer et vous aider ou au contraire vous freiner voire empirer la situation.

Néanmoins, si une situation vous pose question, pour vous ou pour un proche, vous pouvez consulter le Code de Déontologie des Psychologues ou solliciter la CNCDP (Commission Nationale Consultative de Déontologie des Psychologues) en cliquant sur le lien ici : http://cncdp.fr/

 

« Un psychologue est payé à griffonner des dessins pendant qu’on lui raconte ses problèmes »

Il y a en psychologie la notion d’écoute active. Il s’agit pour le psychologue d’être attentif à l’autre, de considérer que l’on a face à soi quelqu’un qui nous confie son histoire, ses émotions, ses sentiments, ses pensées. C’est aussi reconnaître que ces choses sont bien souvent difficiles à exprimer et que cela correspond à un réel travail sur soi. L’expérience humaine authentique qu’est la rencontre thérapeutique nécessite une véritable confiance et un profond respect mutuel. Pour accorder cette confiance et ce respect vous devez vous sentir écouté, entendu, soutenu et accompagné. Ces conditions sont indispensables pour que vous puissiez vous sentir libre de vous exprimer et cheminer à travers le travail thérapeutique.

Ce travail thérapeutique se poursuit en dehors des séances, lorsque vous repensez par exemple à ce que vous avez dit, ce que vous auriez voulu ou auriez pu exprimer, ou en envisageant ce que vous pourrez aborder la fois prochaine.

De la même manière, le travail du psychologue ne s’arrête pas à la fin de la séance. Il est nécessaire de consacrer du temps pour écrire afin de conserver une mémoire de ce qui s’est dit, penser les problématiques abordées (faire un travail de recherche et se documenter si nécessaire) et réfléchir aux axes de travail.